Revue Cargo Culte

CARGO CULTE II

Ce deuxième volet de Cargo Culte est constitué par les artistes Carlotta Bailly-Borg, Lauren Coullard, Amélie Deschamps, et la commissaire d’exposition Sophie Lapalu. Ces dernières ont invités onze artistes à contribuer au projet, choisis pour leur sensibilité aux questions abordées pour ce numéro : Ignacio Canales Aracil (ES), Audrey Cottin (FR), Pauline Delwaulle (FR),Fréderic Dutertre (FR), Cédric Fenet (FR), Stéphanie Lagarde (FR), Natalie Mc Ilroy (IE), Inuk Silis Hoegh (GL), Eva Taulois (FR), Carla Wright (UK).

Ce numéro II s’intéresse à la constitution même du terme “culte du cargo”, en tant que paradigme d’une vision capitaliste univoque : en effet, ces cultes ont été interprétés par les anthropologues comme une recherche du bénéfice matériel. Cette manière de raisonner revient à imposer aux significations spécifiques mélanésienne le mythe central de la culture capitaliste : celui du fétichisme de la marchandise comme mode universel de pensée et d’action. “La richesse mesurée en terme d’accumulation et de possession n’est pas en effet un concept indigène ; l’usage de celle-ci s’inscrit dans le cadre de modèles complexes de relations sociales entre les hommes, et de relations sacrées entre les hommes et les divinités.”(Mondher Kilani, Les cultes du cargo mélanésien : mythe et rationalité en anthropologie, Éditions d’en bas, Lausanne, 1983, p.87). Ce n’est en effet pas la possession des richesses qui distingue un homme dans une société mélanésienne, mais la circulation de celle-ci .
Imposer notre lecture occidentale à cette société, c’est refuser la diversité des expériences de contact et des réponses qui leur sont données. Au contraire, expression d’une relation dialectique entre opposition et adaptation, les cultes du cargo s’avèrent être une des manifestations édifiantes d’acte de résistance et d’appropriation face aux crises et aux ruptures sociales suscitées par le colonialisme.

En temps de crise économique et sociale mondiale, Cargo Culte II axe sa recherche sur la résistance par la culture, et souhaite faire de ce numéro II un lieu d’échanges au sens large du terme. Il est indispensable de substituer les règles de la concurrence, du profit et de la mercantalisation par celles de la collaboration, de l’association et de la création. La culture étant la condition du débat, de la circulation de la parole et des opinions, nous souhaitons faire de Cargo Culte II un espace de paroles vivantes, d’échange, un espace politique.

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Le projet
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