Mathieu Harel-Vivier

À la différence d’un attachement commun à la réalité tendant à nier la matérialité de l’image et afin de considérer une image qui ne repose plus seulement sur une dialectique de l’enregistrement documentaire et de la composition picturale, Mathieu Harel-Vivier choisit des sujets qui visent à mettre en évidence les qualités des supports photographiques. Les manipulations, agencements et mises en scène qu’il opère entendent développer des modes d’apparition et de fabrication de la photographie produisant des images en perte de réalité. La signification et la réception de l’image photographique y sont profondément transformées. Au cœur des préoccupations contemporaines, ce travail dévoile la puissance fictionnelle et onirique de l’image à travers divers âges du médium photographique. Nés d’une mise en scène face à un dispositif qui rejoue la camera obscura à la manière d’un théâtre primitif, ses premiers sténopés révèlent une image successivement habitée par la présence mystérieuse d’un corps. Les images abstraites de la série Spectre invitent à la lecture d’un geste iconoclaste. Séparés de leur couche supérieure, les trente polaroïds qui forment la série ne sont plus en capacité de représenter, pourtant le support photographique fait image. Tandis que la série de photographies nocturnes Errance, agencées en constellation contraste, quant à elle, avec la surface apparemment tranquille d’un quotidien urbain. La lumière y est particulière et joue l’artificialité. Pendant son séjour aux Verrières – résidences-ateliers de Pont-Aven, Mathieu Harel-Vivier a transformé son atelier en camera obscura. Cet espace d’observation de la ville, lui a permis de réaliser une série de photographies issue de la projection de l’extérieur (les toits de Pont-Aven) vers l’intérieur de (l’atelier). En noir et blanc et en négatif, ces images de grands formats reprennent la trame de la lentille de Fresnel ou de la Zone-plate et évoque ainsi les dispositifs optiques alternatifs.



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Pour tous visuels ci-dessous : tirages tramés noir et blanc sur papier 80 g, 80 x 120 cm, 2011 © Mathieu Harel-Vivier