jeudi 10 mai 2012

05/10/2012

Exposition « LZ 129 » - Cécile Beau / Mathieu Harel-Vivier - Shaufenster




Schaufenster est un lieu d’exposition singulier qui fait effraction dans l’espace urbain, une vitrine dans laquelle le spectateur ne peut entrer. Cécile Beau et Mathieu Harel-Vivier se saisissent de cette spécificité pour présenter une installation dont les agencements ne sont pas sans rappeler quelques ficelles et artifices utilisés dans la mise en scène d’un décor de théâtre. À y regarder de plus près, la représentation semble suspendue, atemporelle ; l’instant est figé et convoque l’ensemble des images associées au ballon, du bâtiment mobile traversant le ciel au jouet fragile, enfantin, que l’on tient à la main. L’espace cloisonné de la galerie se substitue à l’espace aérien et plonge ainsi le spectateur à l’intérieur de l’objet volant définitivement arrêté, cloué au sol !

À l’extérieur, le vent souffle comme un appel formulé en direction du spectateur. Il s’insinue également à l’intérieur et fait osciller l’enveloppe du ballon. À l’origine de cette sonorité, un mécanisme met en mouvement un grand tambour, Temps, conçu par Cécile Beau dont l’activité fait à la fois référence au temps météorologique et chronologique. Toutefois, le volume sonore ne semble pas appartenir à cet instrument dont le déplacement est quasi imperceptible. Pensée comme une invitation au voyage, l’exposition fonctionne comme la célébration d’un non-événement dépendant d’une histoire déjà écrite, celle du zeppelin LZ 129. S’il est difficile à identifier, ce dirigeable apparaît à travers deux images de la série des Intérieurs de Mathieu Harel-Vivier. La première est l’image en perspective du salon de l’appareil, dans lequel, le mobilier – signé De Groot – vidé de ses usagers côtoie au mur une cartographie où les différents trajets de l’aéronef sont tracés. La seconde accueille les passagers affairés sur la promenade et curieux du spectacle qui se déroule à l’extérieur. Le support de cette deuxième image est l’enveloppe du ballon qui vacille au contact du vent LZ 129, pièce commune des deux artistes. Derrière cette voile arrondie, Zibens de Cécile Beau est l’élément moteur de la narration. L’éclair et les brefs éclats de lumière qu’il émet soutiennent l’hypothèse de l’incendie de l’appareil par foudroiement.

Pour autant, les activités qui se déroulent à l’intérieur du dirigeable restent mystérieuses. À l’heure de nouvelles études sur le voyage aérien comme alternative économique, ce voyage auquel invite l’exposition est à l’image du fantasme de science-fiction présent dans la conscience collective.

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