jeudi 27 janvier 2011

01/27/2011

Exposition « Calme plat » - Benjamin Husson / John Cornu - Schaufenster

De ces vitrines à même la rue émane une lueur diffuse. Un intérieur aseptisé, presque clinique, à partir duquel le spectateur peut observer une mise en espace figée, une sorte d’arrêt sur image. Soit une scène indicielle d’où les œuvres racontent le scénario hautement improbable d’un évènement bel et bien terminé. Le visiteur tenu à distance se retrouve dès lors en position de voyeur. De la rue, il peut s’immerger dans cet in vitro maculé. Le sol blanc et la lumière diaphane ne sont pas de simples éléments de scénographie mais bien des constituants à part entière. Les néons de John Cornu éclairent en effet le lieu et les oeuvres alentours ; aussi le sol devient le support même du geste performatif de Benjamin Husson. Moonshine est une série de traces de gomme obtenue par l’altération du pneumatique d’une moto. Ce titre fait appel à la fois à l’action de la lumière laissant apparaître un paysage figé, silencieux mais meurtri, et au nom donné à l’alcool de contrebande, l’acte clandestin. Il s’agit d’un « burnout », c’est-à-dire une pratique de motard qui, faisant patiner sa roue et monter les tours, brûle le pneu dans un grand nuage de fumée blanche. De tout cela il n’en reste plus qu’une trace au sol, celle d’un évènement que l’on peut déduire. Pratique populaire de « bad boy » élevée au rang d’œuvre d’art mais aussi référence contemporaine à un héritage minimal et conceptuel choisi. De même les néons proposés dans ce lieu procèdent d’une sorte de trace mnésique. Il s’avère que John Cornu au lieu de créer une nouvelle forme préfère remettre à plat d’anciennes réalisations. Les imperfections du tube sont donc les symptômes de réalisations maintenant révolues… Ce jeu temporel semble aussi de mise avec Macula. Ici l’artiste nous propose un geste qui procède du simulacre. Faussement carbonisés, ces châssis dédiés d’ordinaire à la toile se voient directement investis par la peinture, par la représentation picturale. La calcination poétique serait alors la trame de ces actions qui semblent pensées les unes envers les autres. Une invitation à la rêverie où chacun peut imaginer la tourmente qui s’inscrit comme en creux dans ce calme apparent.

Commissariat d’exposition : Ann Stouvenel et Schaufenster

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Liens :
Benjamin Husson
John Cornu
Schaufenster - Sélestat
CIAC / Pont-Aven
Ecole des beaux-arts de Rennes